Benjamin LabordeBateau BEL-AIR
Son parcours : « Je suis originaire de Cognac, mais je passais toutes mes vacances à Saint-Gilles-Croix-de-Vie et allais à la pêche avec mes copains, qui étaient fils de marins pêcheurs. La passion de la mer et du poisson est venue au fil de ces sorties.
Marin depuis 2005, je travaille seul à bord de mon bateau, un ligneur de 8,20 m. C’est un choix personnel, pour un confort de vie familiale, mais aussi parce que ce qui m’intéresse, c’est la pêche côtière, à la palangre. Je pêche surtout du bar et un peu de lieu et de maigre, ainsi que la civelle en hiver. »
Sa découverte de l’ikejime : « Grâce à un reportage de l’émission Thalassa qui présentait l’ikejime avec un marin breton, Daniel Kerdavid, je me suis dit : « Pourquoi ne pas essayer d’apporter ça en Vendée ? ». Lorsque je me suis mis à mon compte, j’ai contacté ce marin et il a bien voulu m’apprendre. »
Le plus de l’ikejime : « Le respect de l’animal, le fait d’avoir du poisson vivant à bord et le travail sur le poisson à faire après, un travail qui doit être parfaitement exécuté pour ne pas l’abîmer. J’apprécie la qualité et le goût du poisson ikejime, qui est comme tout juste sorti de l’eau, et la valorisation du produit est intéressante pour l’entreprise. »
La formation et l’agrément avec FILIÈRE IKEJIME : « Je me suis très vite rapproché de Sandrine Thomas qui m’a donné des conseils pour améliorer la qualité de mon poisson. Par manque de temps, je n’ai présenté mon dossier qu’en 2023, alors que je pratiquais déjà l’ikejime depuis 5 ans. »
Sa pratique : « J’ai commencé à pratiquer en 2018, dès que j’ai eu mon bateau. Au début, je ne mettais pas mon poisson ikejime à la vente, je voulais m’assurer de la qualité et me suis laissé un petit temps d’adaptation que je trouvais très important. Quand j’ai vu que mon geste et ma technique étaient bons, j’ai commencé à le commercialiser. Maintenant, je ne fais de l’ikejime que d’avril à septembre, pour un poisson pêché en surface, qui n’est pas stressé quand on le remonte. »
Ses débouchés : « Au tout début peu de personnes connaissait cette technique et les acheteurs étaient surpris de ne pas retrouver la raideur cadavérique du poisson de ligne ! Il a fallu expliquer pourquoi il était encore mou. Ensuite, j’ai laissé faire le bouche-à-l’oreille. Aujourd’hui, 60% de ma pêche passe en criée et je travaille aussi en direct avec un restaurant étoilé et un mareyeur. »
L’avenir de l’ikejime : « L’ikejime a commencé à se démocratiser. Depuis trois ans, l’offre est plus abondante, avec des qualités différentes, et les prix sont très fluctuants. Je pense qu’il y aura toujours une demande, mais les pêcheurs qui adhèrent à cette technique doivent respecter le produit, et les clients – en criée, mareyeurs ou restaurateurs – doivent faire le tri dans l’offre et être exigeants. »

